Quelle lecture faites-vous des résultats des élections communales remportées par le PAM ?
Mon point de vue rejoint la déclaration du notre bureau politique. Nous avons malheureusement constaté qu’il y avait un retour vers le passé. En effet, rien n’a changé dans le processus électoral
et on retrouve les mêmes méthodes du passé. C’était la reproduction du phénomène des partis administratifs créés par le pouvoir public. C’est du réchauffé tout simplement. L’on croyait naïvement
qu’on allait consolider les acquis mais hélas la donne a été faussée et on est revenu au point de départ.
Quelles sont les conclusions à tirer de l’utilisation de l’argent sale lors de la campagne électorale ? Et comment voyez-vous l’avenir démocratique du Maroc ?
J’estime qu’il faut relativiser quant à l’argent sale dont vous faites allusion. Car, il n’y a pas que cela. N’oublions pas qu’il y a encore le phénomène de neutralité négative et surtout aussi la
connivence de l’administration. La responsabilité n’est pas à imputer seulement aux corrupteurs et corrompus du moment que le gouvernement connaît cet état de fait et ne réagit absolument pas. A
mon avis, il s’agissait plus d’un enjeu politique pour arriver à n’importe quel prix à une participation massive et tous les moyens étaient permis pour y arriver: même en restant passif !
Honnêtement, je pense que l’avenir n’est pas prometteur tant qu’il n’existe pas de lutte réel contre la corruption, ni de vrai militantisme démocratique.
Que pensez-vous des alliances qui sont en train de se former pour élire les présidents des grandes communes ?
Sincèrement, je ne pense pas qu’il s’agisse d’alliances. Ce sont pour moi tout simplement des compromis qui se font sur le plan local. Il ne faut pas dramatiser car ce ne sont pas des alliances
stratégiques. Les partis sont juste en train de se mettre d’accord pour gérer la chose localement.
Hassan Tarik
Membre du conseil
national de l’USFP
(RACHID TNIOUNI)
1974.
Naissance à Bhalil, près de Sefrou.
1991.
Intègre l’USFP.
2004.
Secrétaire général de la Chabiba Ittihadia.
2005.
Professeur de sciences politiques à l’université de Settat.
2006.
2006. Démissionne de la Chabiba Ittihadia.
Smyet bak ?
Ahmed Tarik.
Smyet mok ?
Habiba Sdoud.
Nimirou d’la carte ?
CB 38339.
Il y a quelques mois, vous avez initié le courant des “nouveaux socialistes” au sein de l’USFP. Ils n’ont pas pris de l’âge depuis ?
Du tout. Nous essayons d’enrichir notre plateforme initiale. Nous avons été présents lors des congrès régionaux de l’USFP. À Casablanca d’ailleurs, nous estimons être bien
représentés au sein du secrétariat régional.
Cela veut dire que l’USFP accepte enfin l’existence de courants internes ?
Les militants qui ont communiqué la plateforme politique ne sont pas invisibles. Notre existence en tant que courant politique est un fait accompli, auquel l’USFP ne s’est pas
clairement opposé lors de l’élaboration des textes réglementaires pendant le dernier congrès. Peu nous importe de savoir combien nous sommes aujourd’hui. C’est justement un
réflexe d’apparatchik que nous combattons. Ne nous demandez plus combien nous sommes, mais qui nous sommes. Nous mettons les idées avant le nombre.
Votre démission de la Chabiba Ittihadia a été immédiatement acceptée par le bureau politique. Ils n’attendaient que ça, on dirait…
Bien sûr que ça leur fait plaisir. Dans mon combat contre le clan Elyazghi, je suis arrivé à un point où je n’avais plus d’autre choix que de partir.
Votre mandat arrivait à son terme de toute manière. Sauf que là, vous partez en héros !
Je ne l’ai pas fait exprès. Je n’avais plus d’enjeu à la tête de la Chabiba. Mes détracteurs auraient donc très bien pu laisser aller les choses naturellement.
C’est quand même bizarre. Alors que partout dans le monde, les organisations de jeunesse sont une porte d’entrée au parti, la jeunesse de l’USFP est une excellente voie de
sortie…
L’USFP souffre d’un problème de démocratie interne. Les jeunes sont plus sensibles à ce genre de thématique, parce qu’ils voient ce qui se passe ailleurs. Les jeunes ne se
retrouvent pas dans cette culture traditionnelle et stalinienne des appareils, qui prévaut encore dans pas mal de partis. Ils finissent donc par s’en lasser, et partir.
Pourquoi n’osez-vous pas encore casser ce tabou de la légitimité historique, derrière lequel se cachent des zouâama politiques ?
Je crois que c’est quelque chose de dépassé. Youssoufi a été la dernière figure du mouvement national au sein de l’USFP. On est ensuite passé à la génération post-1956. Tout
l’enjeu aujourd’hui est de faire cohabiter cette génération avec celles qui ont suivi. Chaque génération a ses références et ses symboles. Il faut donc une réelle démocratie
interne, pour voir émerger une élite qui représente le plus grand nombre. Dans ce sens, nous proposons, entre autres, la limitation des mandats du bureau politique et
l’incompatibilité de certaines fonctions avec la responsabilité partisane.
Et quel poids avez-vous pour concrétiser ces vœux ?
La force d’idées claires et “clean”, qui finiront par créer leur propre dynamique. Elles trouveront sûrement de la résistance, mais le sens de l’histoire ne permettra pas de
retour en arrière. Nous sommes dans un pays jeune, gouverné par un roi comme Mohammed VI, qui ne peut pas tolérer que perdure cette phobie des jeunes et des nouvelles élites.
Vous croyez que l’USFP peut être un parti d’avenir avec Elyazghi à sa tête ?
Si des règles de travail démocratiques sont adoptées et que des normes de fonctionnements sont clairement établies, peu importe la personne que choisiront les militants.
À 32 ans, vous êtes professeur universitaire, “cabinard” chez Mohamed El Gahs, actionnaire dans une société de presse, initiateur d’un courant politique… Où voulez-vous aller
?
Là, maintenant, je vais à Settat. Plus sérieusement, je suis un militant démocratique de gauche. Ma vie n’a pas de sens sans les principes que je défends bec et ongles.
Une vie n’a pas de sens sans ambition non plus. Et je trouve que vous en manquez terriblement. Ça vous arrive d’écouter un discours de Sarkozy ?
Notre éducation politique nous impose une sorte de pudeur. On a l’habitude de dire qu’on se sacrifice pour l’intérêt général. Mais il y a beaucoup d’hypocrisie dans tout cela. Un
parti politique, c’est d’abord un homme. Qu’on le veuille ou non. C’est ensuite un style, une réflexion et une stratégie. Pendant longtemps, nous avons entretenu l’illusion qui
considérait le secrétaire général comme un simple membre d’une équipe. C’est faux ! Bouabid ou Youssoufi ont imprimé leur propre style à tout le parti
Hassan Tarik
Membre du conseil
national de l’USFP
(RACHID TNIOUNI)
1974.
Naissance à Bhalil, près de Sefrou.
1991.
Intègre l’USFP.
2004.
Secrétaire général de la Chabiba Ittihadia.
2005.
Professeur de sciences politiques à l’université de Settat.
2006.
2006. Démissionne de la Chabiba Ittihadia.
Smyet bak ?
Ahmed Tarik.
Smyet mok ?
Habiba Sdoud.
Nimirou d’la carte ?
CB 38339.
Il y a quelques mois, vous avez initié le courant des “nouveaux socialistes” au sein de l’USFP. Ils n’ont pas pris de l’âge depuis ?
Du tout. Nous essayons d’enrichir notre plateforme initiale. Nous avons été présents lors des congrès régionaux de l’USFP. À Casablanca d’ailleurs, nous estimons être bien
représentés au sein du secrétariat régional.
Cela veut dire que l’USFP accepte enfin l’existence de courants internes ?
Les militants qui ont communiqué la plateforme politique ne sont pas invisibles. Notre existence en tant que courant politique est un fait accompli, auquel l’USFP ne s’est pas
clairement opposé lors de l’élaboration des textes réglementaires pendant le dernier congrès. Peu nous importe de savoir combien nous sommes aujourd’hui. C’est justement un réflexe
d’apparatchik que nous combattons. Ne nous demandez plus combien nous sommes, mais qui nous sommes. Nous mettons les idées avant le nombre.
Votre démission de la Chabiba Ittihadia a été immédiatement acceptée par le bureau politique. Ils n’attendaient que ça, on dirait…
Bien sûr que ça leur fait plaisir. Dans mon combat contre le clan Elyazghi, je suis arrivé à un point où je n’avais plus d’autre choix que de partir.
Votre mandat arrivait à son terme de toute manière. Sauf que là, vous partez en héros !
Je ne l’ai pas fait exprès. Je n’avais plus d’enjeu à la tête de la Chabiba. Mes détracteurs auraient donc très bien pu laisser aller les choses naturellement.
C’est quand même bizarre. Alors que partout dans le monde, les organisations de jeunesse sont une porte d’entrée au parti, la jeunesse de l’USFP est une excellente voie de
sortie…
L’USFP souffre d’un problème de démocratie interne. Les jeunes sont plus sensibles à ce genre de thématique, parce qu’ils voient ce qui se passe ailleurs. Les jeunes ne se
retrouvent pas dans cette culture traditionnelle et stalinienne des appareils, qui prévaut encore dans pas mal de partis. Ils finissent donc par s’en lasser, et partir.
Pourquoi n’osez-vous pas encore casser ce tabou de la légitimité historique, derrière lequel se cachent des zouâama politiques ?
Je crois que c’est quelque chose de dépassé. Youssoufi a été la dernière figure du mouvement national au sein de l’USFP. On est ensuite passé à la génération post-1956. Tout l’enjeu
aujourd’hui est de faire cohabiter cette génération avec celles qui ont suivi. Chaque génération a ses références et ses symboles. Il faut donc une réelle démocratie interne, pour
voir émerger une élite qui représente le plus grand nombre. Dans ce sens, nous proposons, entre autres, la limitation des mandats du bureau politique et l’incompatibilité de
certaines fonctions avec la responsabilité partisane.
Et quel poids avez-vous pour concrétiser ces vœux ?
La force d’idées claires et “clean”, qui finiront par créer leur propre dynamique. Elles trouveront sûrement de la résistance, mais le sens de l’histoire ne permettra pas de retour
en arrière. Nous sommes dans un pays jeune, gouverné par un roi comme Mohammed VI, qui ne peut pas tolérer que perdure cette phobie des jeunes et des nouvelles élites.
Vous croyez que l’USFP peut être un parti d’avenir avec Elyazghi à sa tête ?
Si des règles de travail démocratiques sont adoptées et que des normes de fonctionnements sont clairement établies, peu importe la personne que choisiront les militants.
À 32 ans, vous êtes professeur universitaire, “cabinard” chez Mohamed El Gahs, actionnaire dans une société de presse, initiateur d’un courant politique… Où voulez-vous aller
?
Là, maintenant, je vais à Settat. Plus sérieusement, je suis un militant démocratique de gauche. Ma vie n’a pas de sens sans les principes que je défends bec et ongles.
Une vie n’a pas de sens sans ambition non plus. Et je trouve que vous en manquez terriblement. Ça vous arrive d’écouter un discours de Sarkozy ?
Notre éducation politique nous impose une sorte de pudeur. On a l’habitude de dire qu’on se sacrifice pour l’intérêt général. Mais il y a beaucoup d’hypocrisie dans tout cela. Un
parti politique, c’est d’abord un homme. Qu’on le veuille ou non. C’est ensuite un style, une réflexion et une stratégie. Pendant longtemps, nous avons entretenu l’illusion qui
considérait le secrétaire général comme un simple membre d’une équipe. C’est faux ! Bouabid ou Youssoufi ont imprimé leur propre style à tout le parti
C’est à l'âge de 17 ans que Hassan Tarik intègre la section jeunesse de l'USFP, qu'il finira par présider. Mais c'est quelques années plus tôt qu'il commence
véritablement à se faire remarquer quand, à 28 ans, il est élu au Conseil national du parti. Cet ambitieux docteur en sciences politiques (il enseigne actuellement à la Faculté de Settat) se
positionne aujourd'hui comme le porte-flambeau des jeunes socialistes qui cherchent à redorer le blason d'un parti gangrené par la bureaucratie et malade du vieillissement de ses dirigeants. Les
“nouveaux socialistes”, son mouvement, fait de plus en plus d'émules à mesure que les législatives 2007 approchent. Le grand dessein de Tarik : contrer la vague islamiste qui menace en
rassemblant toute la gauche au sein d'un seul et grand parti. Un parti… dont il serait le premier secrétaire ? Hassan Tarik commence par rire longuement de la question, avant de lâcher “dans les
conditions actuelles, j'ai quatre générations de retard”. Mais les “conditions actuelles”, il compte s'acharner jusqu'à les changer...
C’est dans un village isolé de la ville de Sefrou, à Bhalil, que Hassan Tarek a vu le jour le 1er janvier 1974. Dans ce village, situé à 4 kilomètres de la capitale des cerises, H. Tarek,
né d’un père instituteur et d’une mère femme au foyer, a fait de brillantes études primaires. A l’âge de 14 ans, détour par Sefrou. C’est au lycée Lahcen Lyoussi qu’il décroche en 1991 un
Bac, branches mathématiques.
Après quoi, il change de cap. Au lieu des mathématiques, H. Tarek entame des études en droit à la Faculté Mohammed Ben Abdellah, à Fès. Parallèlement à ce cursus, il a assumé la
responsabilité de dirigeant du Comité national du secteur estudiantin de l’USFP (1991-1997). En même temps, il occupait le poste de membre du Comité central de la section Jeunesse du
parti de la Rose.
En 1995, il décroche une licence en droit. Et puis, en 1997, il récidive et obtient un diplôme supérieur dans les sciences administratives. Après quoi, il intègre le ministère des
Finances en tant qu’inspecteur des Impôts. En 2003, après les législatives de 2002, il devient conseiller dans le cabinet de Mohamed El Gahs, secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse.
Pendant ce temps, il préparait sa thèse de doctorat en droit public. En 2004, il soutient sa thèse. Durant l’année 2005, il amorce un virage pour devenir enseignant de la matière «droit
constitutionnel et sciences politiques» à la Faculté de droit de Settat.
Dans cette percée académique, il assure la responsabilité de vice secrétaire général et de porte-parole de la section jeunesse de l’USFP. Après avoir été élu SG de la Chabiba ittihadiya
en 2004, il sera en 2005 membre du Conseil national de l’USFP. Aujourd’hui, il vient de révéler une autre vocation : celle d’écrivain. En effet, Hassan Tarek vient de publier son premier
roman intitulé « La Patrie mérite quelque chose ».